Sous-titrage, aperçu d’un métier

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Vous est-il déjà arrivé de regarder Netlix ou Amazon Prime? D’aller au cinéma voir un film en VO? De changer les langues dans votre télévision pour regarder votre série US dans la langue de Shakespeare? Et vous est-il déjà arrivé de repérer des erreurs en vous disant que vous auriez fait mieux? Allez, avouez. C’est certainement vrai. Mais comment se passe le travail de sous-titrage, au quotidien ?

Le sous-titrage, un vrai métier

Tout d’abord, précisons qu’être sous-titreur, c’est un vrai métier, au même titre qu’instituteur, vendeur, médecin ou bûcheron. Il est impossible de ne pas voir la différence entre une vidéo sous-titrée par un amateur et celle préparée par un professionnel. Longueur des lignes, vitesse de lecture, soin du détail, qualité de langue et j’en passe: tout ça, ce sont des indices qui permettent de départager l’un de l’autre.

Différentes formations préparent aux métiers du sous-titrage. Toutes sont payantes, et fort onéreuses. En effet, on peut vous demander plusieurs milliers d’euros pour un stage de quelques jours. Il existe aussi des études plus complètes, sous la forme de Masters, qui donnent accès à ce métier. C’est le cas à l’Institut de Traducteurs, d’Interprètes et de Relations Internationales (ITIRI) de Strasbourg. Toutefois, il s’agit une fois de plus d’une formation payante. Je ne citerai que cette école dont je suis sûre du sérieux, car je ne connais pas du tout les autres.

Si vous êtes déjà établi comme traducteur, vous pourrez dégoter du travail dans ce secteur même sans formation spécifique. En effet, avec le boom des plateformes de streaming, la demande est importante, et en constante augmentation. Et ce dans une grande quantité de combinaisons linguistiques, où le français est souvent un grand atout. Notez tout de même que la connaissance approfondie de l’anglais est tout simplement indispensable à ce travail.

Comment s’établir

Une grande majorité des sous-titreurs exercent leur profession en freelance. Auto-entrepreneur, micro-entreprise, SARL, les possibilités sont nombreuses et souvent faciles à mettre en oeuvre. Il suffit de s’inscrire auprès de l’URSSAF locale et trois semaines plus tard, on a un numéro SIRET. Attention, ce numéro est obligatoire pour exercer en toute légalité en France, et la plupart des entreprises vous le demanderont sur votre facture (même les entreprises étrangères).

Les principaux employeurs

Dans l’univers du sous-titrage en freelance, on parle rarement d’employeurs, mais plutôt de clients. L’un des principaux clients finaux, c’est-à-dire ceux qui sont réellement à l’origine de la vidéo que vous allez traduire, est sans doute Netflix. Mais, si vous croyez que vous allez vous attaquer uniquement aux grosses productions, détrompez-vous! Netflix propose tout un tas de contenus différents. Téléréalité, concours de cuisine, séries étrangères, documentaires ou longs métrages, il faut être ouvert à tout. En outre, Netflix est loin d’être le seul client final dans le domaine. Personnellement, j’ai traité du contenu pour le streaming, mais aussi pour des chaînes de télévision et des compagnies de cinéma, et, très souvent, pour des entreprises qui réalisent des campagnes publicitaires ou des formations pour leurs employés.

Il est rare qu’un sous-titreur travaille directement pour le client final. En général, plus une entreprise est importante, plus elle sous-traite ce genre de tâches. Ainsi, les clients finaux s’adressent à des prestataires qui s’occupent de trouver des sous-titreurs. Ces entreprises qui sous-traitent disposent de chefs de projets qui s’occupent, enfin, de confier les travaux aux sous-titreurs. En gros, Netflix va s’adresser à l’entreprise X spécialisée en sous-titrage pour demander de traduire une série. Et l’entreprise X demandera à Mme Chef-de-Projet de confier la tâche à un ou plusieurs sous-titreurs parmi leurs collaborateurs freelance.

Cette stratification permet d’humaniser le métier. En effet, on passe la plupart de notre temps seul derrière notre écran. Travailler avec une entreprise plus petite permet non seulement de la fidéliser plus aisément, mais aussi d’avoir un contact humain avec les chefs de projets, voire avec les autres traducteurs. Bossez seuls quelques années, et vous verrez comme c’est appréciable!

Les contraintes du sous-titrage

Le sous-titrage ne consiste pas seulement à écouter un texte et le traduire. Fort heureusement, les vidéos possèdent souvent des scripts. Ainsi, le travail du sous-titreur est grandement facilité. C’est d’ailleurs généralement la norme quand un client veut que ses sous-titres soient traduits dans plusieurs langues de façon cohérente. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Et lorsque les accents des personnages entrent en jeu, cela peut devenir un véritable cauchemar!

Le sous-titrage implique l’application d’un certain nombre de règles strictes. Chaque client peut avoir des exigences différentes concernant la syntaxe, la manière d’épeler certains mots, l’application d’italiques ou non… Comme pour tout, ça s’apprend, et ça n’a rien de bien sorcier. Les choses se corsent lorsqu’on entre dans les détails du nombre de caractères par ligne et par seconde. En effet, la vitesse à laquelle les sous-titres défilent doit être adaptée à la vitesse de lecture moyenne du spectateur: ce sont les caractères par seconde (CPS). En outre, le format doit être facilement lisible. Ainsi, le nombre de caractères par ligne (CPL) affichée est généralement limité à une quarantaine. 38 pour les uns, 42 pour les autres, c’est une limite absolue à ne pas dépasser. Il faut bien souvent faire preuve d’une grande inventivité pour condenser le texte sans perdre en substance. Croyez-moi, c’est tout un art!

Les douze travaux du sous-titreur

Outre le sous-titrage « simple » décrit ci-dessus, le sous-titreur peut avoir affaire à des demandes différentes. L’une d’entre elles, assez particulière, est le sous-titrage pour sourds et malentendants. Il possède ses propres règles et nécessite une sensibilité accrue de la part du traducteur. Il faut être attentif aux personnages qui parlent, à l’inclusion des bruitages nécessaires, tout en appliquant des limites strictes pour le nombre de caractères. Une autre est la transcription. Le sous-titreur ne traduit plus d’une langue à une autre, mais retranscrit un texte dans la langue où il est énoncé. C’est une tâche que je déteste, on a l’impression de faire de la dictée toute la journée… Et avec une maîtresse qui bafouille et parle vite. Ce sont également les sous-titreurs qui peuvent être à l’origine des supports de doublage. L’objectif n’est alors plus de condenser le texte, mais, au contraire, de le rendre avec le plus de fidélité possible.

Par ailleurs, pour que des sous-titres puissent être inclus à une vidéo, ils doivent préalablement être calés sur ce qui se passe à l’écran. Ce sont souvent des sous-titreurs qui se chargent de diviser les vidéos de manière à ce que les sous-titres collent aux dialogues. C’est ce que l’on appelle la synchronisation.

Et n’oublions pas les relecteurs, qui vérifient chaque film et épisode traduit pour s’assurer que toutes les règles sont bien appliquées, que les sous-titres sont de bonne qualité, qu’il n’y a pas d’erreurs de traduction ou de synchronisation, etc.

Les outils du sous-titrage

Evidemment, vous ne pourrez pas faire de sous-titres si vous ne disposez pas d’un ordinateur. De nombreux logiciels de sous-titrage existent, payants ou gratuits, tels que le freeware Aegisub. Certains prestataires possèdent aussi leurs programmes propriétaires dont il faut apprendre à se servir. Bref, ici, tout dépend pour qui vous travaillez. Une carte graphique à peu près potable, des enceintes qui produisent un son assez propre pour tout comprendre clairement, et hop, c’est parti. Et franchement, pensez aux lunettes jaunes ou autres mécanismes de neutralisation de lumière bleue. Le sous-titrage demande un effort visuel différent de celui d’un texte sur Word, ou d’un film qu’on regarde à la télé pour se divertir.

Le mot de la fin

A l’heure où Netflix est en pleine expansion et où de plus en plus de blogueurs traitent de ses productions, comme notre blog partenaire Nerd à la fin!, de plus en plus de gens apprécient de regarder leurs films en VO sous-titré. Alors, si vous en faites partie, ayez une petite pensée bienveillante pour ces braves qui suent sang et eau pour vous fournir un sous-titrage de qualité! C’est un métier exigeant et rigoureux, malgré ce que l’on pourrait penser de prime abord. Et c’est aussi un métier où, chaque jour, on fait quelque chose de différent. On peut rire ou pleurer avec certains personnages, avoir envie d’en baffer d’autres, apprendre des choses passionnantes avec les documentaires ou les formations. Bref, c’est un métier que j’adore.

Si vous voulez en apprendre l’activité de sous-titrage, n’hésitez pas à me contacter, en commentaire ou sur les réseaux sociaux. Et si vous cherchez du boulot dans un autre domaine de la geekologie, faites un tour sur cet article où je vous raconte un entretien chez Ubisoft !


 

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3 commentaires sur “Sous-titrage, aperçu d’un métier

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